Mongolia 17.07.2017

Mongolia 17.07.2017

Mongolia 2017
or
The odyssey of a lone cyclist on the road of the deserts and oases of the Cretaceous era


 

Oulan Bator, 17.07.2017

Dear Friends,

Need to apologize as I’ll be off in about 1 hours having no time to translate the french version of the text telling of this new adventure. However the map might give you a clue of what is in front of me.
I’ll be back by mid-August to tell you more.
Enjoy your summer and… the french version.

All the best
Marc

L’odyssée d’un cycliste solitaire sur la piste des oasis et des déserts du Crétacé.
(la suite de 2016)

Oulan Bator, le 17 juillet 2017, vent du nord, soirée fraiche, temps couvert, 19 C.

Chères amies, chers amis,

Une fois n’est pas coutume, le temps m’a rattrapé, et sur bien des sujets. Pour ce nouveau voyage, point donc d’itinéraires détaillés, ni des plans et listes d’équipements à vous mettre sous les yeux. Qu’une superbe carte pour le moins explicite, avec un résumé vous contant, en grandes lignes, le parcours, les missions et raisons du voyage, lequel beaucoup plus court que celui gigantesque de l’année 2016, en est, somme toute, sa suite. Me restera encore une balade automnale, beaucoup plus à l’ouest, afin d’en terminer avec le Crétacé et son exploration.

Le voyage se résume, ou devrais-je dire exige, à parcourir chaque jour quelque 100 km. jusqu’à que mon compteur indique 1800. Rien là d’extraordinaire. Ce sera, bien assis, 3 semaines de vélo sur un itinéraire de 2600 bornes.
Première dérogation, je monterai en selle, non pas d’Oulan Bator, mais bien de Sulinkheer, au km. 800, (voir la carte annexée) pour entrer dans la zone strictement protégée du Petit Gobi B, elle-même donnant accès au désert de Galba.
Aussi d’Oulan Bator et jusqu’à Sulinkheer, sur un itinéraire similaire à celui que j’avais parcouru à vélo l’an dernier, je voyagerai en jeep 4×4 par le travers de 3 immenses réserves naturelles, dans lesquelles j’espère tirer un maximum d’un nouvel objectif qui coulisse de 200 à 500 mm. !
Oui, les diverses leçons tirées des aléas du voyage 2016 auront su me convaincre non point à renoncer à ces aventurettes, que certains disent hors normes, mais à m’équiper d’un matériel de grande classe, encore plus performant, plus robuste et plus lourd, soit d’une part, onéreuse, à faire la belle emplette d’un Vélociraptor que l’on appellera 2, d’une autre, à ajouter  à mes courts objectifs un méga-zoom Nikon 200-500mm. Un zoom dont la portée atteindra l’horizon, là où malgré le port de lunettes concaves je ne voyais passer, ainsi que des mirages, que l’ombre floue d’animaux jamais identifiés.
J’ai la ferme intention, par salves…mais à blanc…de tirer au pixel sur des vrais animaux en voie d’extinction, lesquels se méfient et fuient avec raison les salauds qui armés jusqu’aux dents, de fusil à lunette et à répétition, les massacrent pour rien, des trophées inutiles, le plaisir de tuer, de voir couler le sang, depuis de grandes distances. Des salauds et des lâches. Ce sont des vrais chasseurs, faisant partie de clubs, de clubs autorisés, qui venus de l’Autriche, de l’Allemagne, d’Amérique, on m’a même dit de France, de Suisse et pays de l’est, déboursent jusqu’à 20, voire trente, même 50 mille dollars américains pour se faire une peau ou une paire de cornes d’argali, de gazelle dzeren ou d’antilope.
J’imagine qu’en Afrique, là où tout se monnaie, leur chasse est encore pire.
Qui sont ces salopards ? Personne, le monde s’en fout, surtout quand ce monde tremble devant les terroristes. Une gazelle, pensez-donc, ça vous change du poulet, de la dinde, du dindon et du steak de l’autruche. N’en resterait-il qu’une, on en fera l’élevage, voire même la clonera. Cloner ? C’est à la mode. Pour n’être pas soi-même, être dans l’anonymat, clonons donc les starlettes, qui elles se clonent l’une l’autre… à coup de bistouri.
Pauvre jeunesse clonée; des faux seins au faux nez, des faux-jetons au faux-cul, pour avoir le même look aussi con que celui d’une dinde, d’un dindon, aussi moche qu’une autruche. Que c’est original. Vous dites ? Ah oui d’accord…
On m’a dit pessimiste, toujours, de plus en plus; comment aurais-je tort quand les hommes ne changent pas !?
Ceux qui changent la planète, ou prétendent la sauver, ne sauvent rien du tout. Ce sont de doux rêveurs. Ils mettent juste des barrières, votent des kyrielles de lois, que le monde des affaires et de l’immobilier submerge de béton, ce qui donne du boulot à nos populations et repousse la faune dans les derniers recoins-sanctuaires de ce monde.
C’est ainsi qu’en Europe les loups et les renards viennent frapper à vos portes. De ceux qui resteront, parmi ces animaux, dans les années à venir…la plupart deviendront…des toutous domestiques. Nestlé vous fournira du ronron pour nounours. Vous rêviez de nature et d’animaux sauvages…ne resteront alors que des trails asphaltés, que des connes promenant des crocodiles en laisse, et des cons ricanant qui lâcheront à vos trousses des sales bêtes qu’ils auront dressées pour vous tuer !
Vous dites ? L’éducation ? Vous pouvez éduquer partout, qui vous voulez. Quand il s’agit d’argent, de manger, de survie; quand il s’agit de vivre, d’être Un parmi les hommes, parmi tous ces milliards qui veulent Etre, Devenir; quand le bien-être passe par l’indispensable croissance, que les populations ne cessent d’augmenter, se déplacent et occupent; quand les armes prolifèrent partout, de plus en plus pour la sécurité…la vôtre mise en danger…que derrière chaque fenêtre guette un homme qui a peur, une femme qui n’a pas peur parce qu’elle cache un gros flingue…dites-moi donc à quel rang, dans la priorité, la nature a sa place. Et puis la vraie nature, pas celle des touristes, mais bien celle où ne règne que l’animal sauvage.
Eh oui car le sauvage n’intéresse pas vraiment. C’est juste, parmi tant d’autres…un divertissement qui rapporte de  l’argent.
“Allons voir les baleines (pôves baleines mal nourries de plomb et de plastique), les ours sur la banquise ( pôves nounours qui bientôt seront privés de glace) les requins sans ailerons, mais aux écailles d’argent (pôves requins qui surnagent dans ces beaux aquariums tout en verre dans les tours du monde de la finance…)
Alors soyons honnête, tout ce qui est sauvage ne l’est que par le fric.
Vous dites ?…ah oui la suite.
…Reste l’espoir qui fait vivre…et qui bien sûr rapporte… à ceux qui vous en donnent !

Donc, disais-je ci plus-haut, le vélociraptor, la tête dans le guidon, reprendra dès demain les pistes menant au sud, traversant les déserts qui longent la frontière de Sulinkheer menant jusqu’au bled de Noyon. Les point bleus sur la carte localisent les 6 postes militaires de l’armée, laquelle m’a délivré un permis qu’elle réserve que contre prescription d’un toubib spécialiste, outre des dinosaures, des aliénés mentaux.
Etre fou d’y aller ou d’en revenir fou, qu’elle est la différence ?
– La sagesse de finir…libre de toute contrainte plutôt que d’être assis, ligoté dans une chaise, à l’asile pour les vieux, cerné par une forêt de tuyaux de toutes sortes pour me maintenir en vie…Je me demande pourquoi “Exit” n’organise pas des “Sorties” pour les vieux au fin fond des déserts !

…De Noyon à Sevrey jusqu’aux dunes de Hongor; de Hongor à Netmeg, la terre des dinosaures, je voyagerai de jour jusqu’aux monts Khermen Tsav, comme de nuit escorté par des milliards d’étoiles. Je serai mort pour sûr, mais j’avancerai encore, vers l’Est puis vers le Nord, pour rejoindre, le 10 août, la ville d’Oulan Bator.

Missions photographiques, des nuits de voie lactée, des animaux…sauvages, des terres aux monts étranges, des forêts pétrifiées, des lumières irréelles illuminant les sables, les regs et puis la steppe. Et puis des oasis où je pourrais rêver de voir, d’une berlue, dans la lumière tremblante du soleil de midi, émerger des sirènes des mirages du désert…
Enfin mission funèbre, au km 800, aller me recueillir d’une minute de silence sur la tombe du défunt Sir Vélociraptor, y déposer une gerbe et l’arroser de pleurs…

A bientôt chères amies, et amis de ce monde. Passez un bel été, pourquoi pas à rêver de la vraie aventure et dans la nature vraie.

Marc

PS. Départ le 18 juillet à 06.00

July 17, 2017